Bends, Flora Lau

bends1Bends est le premier film de Flora Lau, jeune cinéaste hong-kongaise de qualité, à la peinture proche de celle de WKW. Bends raconte les destins parallèles d’une dame de la haute bourgeoise de HK dont le mari (et l’argent) disparaissent du jour au lendemain, et de son chauffeur qui doit rentrer "sur le continent" tous les soirs car sa petite femme est chinoise, n’a pas de passeport hong-kongais, et attend un second enfant. Bends raconte toutes les fissures de ces sociétés de maîtres et servants avec beaucoup de justesse et d’humanisme, et une élégance divine propre au meilleur du cinéma asiatique. Rien à dire, à part qu’on lui souhaite déjà la Caméra d’Or et d’arriver très rapidement dans nos salles françaises.

Γνῶθι σεαυτόν

Même pas besoin de les voir pour savoir que c’est huge.

As I Lay Dying – James Franco (Un Certain Regard) / Texte de William Faulkner et cinématographie de Christina Voros

Fruitvale Station – Ryan Coogler (Un Certain Regard) / Grand Prix du Jury et Prix du Public à Sundance

Ain’t Them Bodies Saints – David Lowery (Semaine de la Critique) / Prix de la Photographie à Sundance, avec Rooney Mara et Casey Affleck. Donc parfait (mais pas encore de trailer).

The Congress – Trailer

936591_10151579587727145_1242522638_nAri Folman, réalisateur du très beau Valse Avec Bachir, est de retour à Cannes cette année – mais à la Quinzaine des Réalisateurs. Dans The Congress, Robin Wright joue son propre rôle et est digitalisée par la Miramount. Son esprit (en dessin animé) part explorer tous les films du studios pour y jouer un rôle, enfin je crois, mais elle revient 20 ans plus tard au congrès de la Miramount pour… parler de son expérience? C’est assez flou. C’est de la science-fiction conspirationniste basée sur Le Congrès de Futurologie, un énième bouquin que je connais pas.

Nicolas Cage Losing His Shit

Let’s Go To The Mall (For Real)

Robin Sparkles < Ryan Gosling

Vacances de printemps, pétasses!

spring_breakers_supplies_posterQuelle plus belle manière de fêter la journée de la femme? Je vois pas mieux que d’aller voir Spring Breakers, over and over again. Vous avez tous vu l’affiche dans le métro et, comme tous les connards de 15 ans outrés par le film, vous avez cru à un remake de Project X côté boobs. Waouh, trop cool! Il y a 6 mois, j’ai moi aussi beugué quand j’ai appris que des poupées Disney seraient à Venise et Toronto avec un film candidat sérieux aux palmarès. Après, j’ai compris que c’était le nouveau coup d’Harmony Korine et je n’avais plus qu’à attendre que le kiff se présente à moi, ce que j’ai fait hier dans mon cinéma. Si, à l’heure où vous lisez ces lignes, vous êtes encore persuadés que Spring Breakers est une simple entreprise masturbatoire pour ados, et ben restez en chien et venez pas me parler.

Harmony Korine, c’était d’abord un scénariste (Kids de Larry Clark, 1995), puis un réalisateur (Gummo, 1997, son premier et meilleur long). Il a fait plein d’autres trucs cools aussi mais on s’en fout, j’ai pas la place. Avec Spring Breakers, il s’intéresse encore et toujours à l’âge adolescent et une jeunesse américaine en quête de sens, mais aussi complètement débile. Pour 4 petites cagoles californiennes, le spring break en Floride fait aussi peur qu’il attire. Mais dans un élan de courage incroyable, elles décident de se cotiser pour traverser le pays et vivre une expérience spirituelle de ouf. Elles y croient et tout! Bienvenue au royaume des grandes gueules, des showoffs, des fakes… l’Amérique, où tout doit être gigantesque et démesuré, en apparence du moins. Le film est à cette image: un sujet sans lecture première où il faut tout le temps chercher le sens entre les lignes (de coke). Bon en même temps, Korine le hipster, l’ironie il maitrise.

spring-breakers1"You’re never gonna see that pussy" – Cotty, Rachel Korine
Quatre gentilles pétasses qui font de la fête et du flirt le but ultime de leur vie, un gangsta blanc style GO et sympatoche qui vit pour à peu près la même chose, plus la weed. Jusqu’où ces petites gens sont-elles prêtes à aller pour réaliser leur rêve? Que faudra t-il faire pour obtenir ce sens? Jusqu’où oseront-ils ouvrir leurs gueules sans passer à l’acte? Seuls, surement jamais. Mais en groupe, plus rien ne peux les empêcher de péter plus haut que leur (très jolis) culs. Le spring break devient soudainement plus qu’une fête géante en bikini, il est aussi un espace d’affirmation pour une jeunesse qui ne vit que pour l’excitation via le regard de l’autre et rien de plus. D’ailleurs, Faith arrête d’y croire et se barre au milieu, quand la blague commence à devenir un peu trop sérieuse. Faire semblant d’avoir envie de sexe et faire semblant de jouer au gangster, y’all, that’s what life is about! Il arrive un moment où, à force de jouer, on devient crédible aux yeux des autres.

james_franco_spring_breakers_640x360"Look at my shit" – Alien, James Franco
D’où ce mélange incroyable d’images entre 1) du gros HD bien moche, grosses lumières, scènes de groupes et danse infinie des seins (bonjour, c’est nous les grandes gueules on fait ce qu’on veut on est des oufs malades hey regardez je bois trop de bière!) et 2) les scènes avec que les filles et Alien (James Franco, huge perf), plans plus resserrés, plus vrais, tordus, filtrés, flous, crades… du Korine cru comme on l’aime, c’est magnifique à l’écran et ça montre comment faire du teenage dark sans être un putin d’EMO. Piranha 3D vs. Malick avec un pétard, Skrillex vs. Britney Spears en acoustique pleurnichant, le fluo cerné de noir, le faux grossier vs. le vrai touchant. Vouloir pisser très fort sur une colonie de fourmis et le crier sur tous les toits, ou bien charger son gun et baiser comme dans un porno? Avoir marqué DTF derrière le froc ou se désaper? Se contenter de passer Scarface en boucle chez soi ou le vivre dans la rue? Personne n’assume rien mais personne ne veut lâcher le groupe. Spring Breakers parle du naturel transgressif de la jeunesse de façon assez banale, mais s’attaque surtout au passage à l’acte. C’est précisément dans ces scènes où réside le génie du film: caméra malickienne, murmures sombres de James Franco à peine audibles hantant les dialogues ("Spring break… spring breaaak… for ever"), boucles, flashs, trame narrative décousue et absence de temps: hypnose totale et point d’orgue permanent. Et au final, se rendre compte que tous ces gentils cons mis ensemble dans les bonnes circonstances sont presque plus à l’aise avec un flingue qu’avec leur entrejambe. Le rock est mort, vive la pop du nouveau millénaire: une religion de l’excitation puritaine dont les déesses inconscientes sont les marionnettes sexy de Disney et, désormais, celles plus noires d’Harmony Korine.

C’était mieux avant? Eight Days A Week

8days

Commencez donc par regarder cette bande-annonce d’un autre temps qui, comme ce post, vous est offerte par @3615_CH. Il dit vrai, j’ai même retrouvé ce billet de Libé la veille du passage sur ARTE, qui prouve que non, ce n’est pas un hoax.

Mais d’où il sort ce film ?
Par une belle soirée hivernale, le lycéen que je fus s’égara sur ARTE (et non Canal), entre un ‘Tout le monde en parle’ et une rediffusion du ‘Caméléon’, et tomba sur ce petit film indé US, en VOST, probablement plus jamais rediffusé en France, voire sur Terre.

Voix off, acteurs inconnus, décor de Wisteria Lane avant l’heure et pellicule jaunie à la Moonrise Kingdom: nous sommes en 1997 et je suis clairement face à un OVNI. Et puis ARTE quoi,  pour une fois qu’ils ne passent pas un film en allemand des années 1930 c’est qu’il doit y avoir une bonne raison. Depuis, j’ai pu retrouver ce film, le revoir mais j’avais la désagréable impression de l’avoir déjà vu, X fois, en moins bien. Merci la grève des scénaristes…

Le pitch
Un garçon, obsédé par sa voisine, décide de rester assis à sa fenêtre jusqu’à ce qu’elle tombe amoureuse de lui : idée complètement stupide inspirée par le génial grand-père pervers-pépère. Le film est ponctué de blagues de culs, d’instants gênants et de grands moments de solitude adolescente. Touchant et original, le héros  (hipster avant l’heure mais loser avant tout) est une synthèse de tous tes potes qui n’ont pas de meufs : désespéré, mal habillé, de mauvaise foi et mythomane. Et puis Keri Russell avait vraiment un potentiel érotique, il demeurera  inexploité.

Pourquoi et comment le voir ?
Outre le style, le montage et la trame assez avant-gardistes, ce gentil film augure un genre qui va envahir Hollywood par la suite. Bancal, peu sexy et probablement mal produit et surement pas mis en avant par son distributeur, il n’en demeure pas moins une belle expérience scénaristique avec surtout une brochette de personnages plus attachants les uns que les autres. Le meilleur pote queutard, la voisine nympho, le père loser, etc…

En revanche, pour trouver ce film, démerdez-vous, il est introuvable légalement et illégalement parlant…

Voilà, destiné à tout amateur de films d’ados, de héros pommé (avec un une ressemblance plus que troublante avec Elijah Wood), de parents tarés et de target impossible ; on s’y retrouve pas mal, "âme enfantine aspirant à l’âge adulte"… bla bla bla… Peter-Pan-Style.

(Depuis, Keri Russell est devenue une star des ados pendant sa série Felicity, puis redevenue inconnue pour finir dans des seconds rôles insignifiants comme dans les Jason Bourne… On recherche toujours une trace de l’acteur principal)